Méthodologie

Démarche

Démarche

Avant de commencer une recherche, il est préférable de :

  • donner la priorité aux documents authentiques; l'original d'un acte permet de croiser l'information en provenance de plusieurs sources;
  • préciser la nature, la portée et le type de recherche souhaitée;
  • vérifier ce qui a déjà été réalisé comme travaux sur le patronyme;
  • identifier des personnes ressources et des organismes de soutien;
  • établir la méthodologie appropriée en consultant des guides, des traités, en suivant des ateliers de formation, etc.;
  • déterminer la forme et le contenu de la fiche de base;
  • décider d'utiliser ou non l'informatique et choisir un logiciel;
  • décider de la façon d'écrire les dates;
  • décider de la façon d'écrire les noms (prénoms, surnoms, patronymes);
  • décider des sigles et abréviations conventionnels à utiliser;
  • déterminer si les travaux seront en partie ou totalement traduits en anglais;
  • procéder au choix des moyens, insister sur les sources écrites, photos, autres;
  • vérifier la possibilité de s'associer à d'autres chercheurs.

Une fois la recherche débutée

Une fois la recherche débutée, il faut prendre en compte les aspects méthodologiques suivants :

  • aller du connu vers l'inconnu;
  • commencer par soi et noter toute information que l'on connaît;
  • interroger ses proches (papiers de famille, tradition orale, coutumes, pratiques, légendes...);
  • monter d'une génération à la fois en établissant le lien de parenté;
  • noter toute information, indiquer les références et les sources; des formulaires [lien interne] existent à cet effet;
  • valider toute information au regard des sources primaires, le cas échéant;
  • traiter l'information dans le respect de la documentation;
  • qualifier l'information recueillie au regard de sa fiabilité;
  • classer l'information recueillie selon des thèmes (géographiques, branches, époques...);
  • regrouper l'information dans des dossiers généalogiques classés par génération et selon l'ordre alphabétique du patronyme des épouses (dans ce cas, les célibataires sont retrouvés par le nom de leur mère), par date ou par lieu.

 

Types de recherche

La recherche permet d'identifier les personnes faisant partie d'une ligne, c'est-à-dire une suite plus ou moins longue de générations reliant le probant à l'apparenté.

Une ligne peut être ascendante

C'est une ligne directe où le probant est à la base. Il s'agit alors de retracer ses ancêtres en partant d'un individu et en remontant dans le temps, et ce, de génératon en génération. Retracer le contenu de l'acte de mariage constitue la condition essentielle.

Une ligne peut aussi être descendante

C'est une ligne directe où le probant est au sommet. L'on retrace ainsi la descendance d'un individu ou d'un ancêtre commun.
C'est la base pour constituer un dictionnaire généalogique pour une famille.

Selon le type de recherche fait, cette ligne peut être :

Une ligne directe

C'est une suite de générations où les personnes sont liées entre elles par la filiation.

Cette ligne directe peut être une ligne paternelle ou agnatique.
C'est une ligne directe purement masculine où la filiation est établie de père en père. Elle témoigne notamment de l'attachement des gens à la lignée patronymique.

Elle peut être aussi être une ligne maternelle ou utérine.
C'est une ligne directe purement féminine. La filiation est établie de mère en mère. Sa caractéristique principale tient au fait que le patronyme varie constamment d'une génération à l'autre.

Enfin, la ligne directe peut être cognatique.
C'est une ligne directe ni purement masculine et ni purement féminine.
La filiation passe aussi bien par les hommes que par les femmes.

Une ligne collatérale

C'est une suite de générations formées de deux lignes directes issues d'une même personne.

 

Numérotation

Le nombre théorique d'ancêtres double à chaque génération. Le calcul du nombre d'ancêtres nous permet d'évaluer le nombre d'ancêtres faisant partie d'une généalogie. Il croît dans une proportion importante. En raison du grand nombre de personnes, il est utile et commode de pouvoir leur attribuer un numéro de manière à ce que les informations pertinentes puissent être mises en relation avec ces dernières.

Dans l'ascendance d'une personne donnée, il arrive que deux ascendants ne soient en réalité qu'une seule et même personne, d'où la différence entre le nombre théorique d'ancêtres et leur nombre réel. Cette différence peut être importante. Le rapport entre le nombre réel et le nombre théorique d'ancêtres se nomme l'implexe des générations ou des ancêtres. Ce rapport est donc nécessairement inférieur à un. Plus il est faible, plus la consanguinité est élevée et réciproquement.

Ce taux de consanguinité ne peut être établi avec justesse que lorsque l'ascendance est complétée. Toutefois, comme le signale René Jetté dans son Traité de généalogie : « tant que le nombre d'ascendants inconnus ne dépasse pas une fraction raisonnable du total des ascendants attendus, on fait l'hypothèse que, pendant quelques générations, les ascendants attendus sont différents, et des uns des autres, et des ascendants connus ... Cela permet une base de comparaison uniforme que constituent les ascendants attendus.»

 

Numérotation des ascendants

Méthode Stradonitz

La méthode de Sosa-Stradonitz est largement utilisée et universellement reconnue. Ce système consiste en l'attribution d'un numéro à un ascendant qui sert à le situer par rapport à tous les ascendants. Il est basé sur le fait que le nombre d'ascendants double à chaque génération.

La règle à suivre :
Le numéro du père est le double de son enfant et celui de la mère le double plus 1.
L'homme a toujours un numéro pair et la femme un numéro impair (numéro de l'époux + 1).
La règle veut également que les générations soient numérotées en chiffres romains.

Tableau de la méthode: Stradonitz

BEAUREGARD-MALAK, Éve et FARIBAULT- BEAUREGARD, Marthe, La généalogie. Les Éditions de l'Homme, p. 81

Les mariages consanguins étaient fréquents à l'intérieur des communautés rurales en raison de la faible mobilité des gens. Dans le cas d'un mariage entre deux cousins germains, l'enfant issu de cette union n'a que six arrières-grands-parents distincts, au lieu de huit. Lorsqu'un ascendant porte au moins deux numéros Sosa-Stradonitz, on dit qu'il est un implexe et, lorsqu'un aïeul est un implexe, son ascendance l'est aussi. D'où, parfois, la grande différence entre le nombre réel d'ancêtres et leur nombre théorique. Chaque ascendance ou quartier de la généalogie d'une famille a donc ses particularités.

La numérotation Sosa-Stradonitz :
- permet de connaître rapidement s'il s'agit d'un homme ou d'une femme;
- permet de repérer ses parents ou ses enfants en divisant le numéro de son père par 2 (ou encore en soustrayant 1 au numéro de sa mère avant de diviser par 2); -
est utilisée dans la plupart des logiciels de généalogie.

Pour plus de détails : Système Sosa-Stradonitz

 

Numérotation des descendants

Système d'Aboville

Ce système fut créé par le comte Jacques d'Aboville; les Anglo-Saxons font référence au système Henry, une numérotation analogue.

Ce système fonctionne de la façon suivante :

- le probant ou couple (génération I) porte le numéro 1;
- chaque enfant d'une famille est identifié par le numéro de son père suivi du rang qu'il occupe parmi ses frères et sœurs.

En pratique :

1.5 est un enfant de la génération II: le 5e enfant de 1;
1.12.7 est un enfant de la génération III : le 7e enfant du 12e enfant de 1.

Lorsqu'il y a plus d'un mariage, on accole une lettre minuscule à son rang. 1.2a sera le deuxième enfant du premier mariage de 1 et 1.2b sera le deuxième enfant du deuxième mariage de 1.

Pour plus de détails : Système d'Aboville

Système Pélissier

Ce système fut mis au point par Jean-Pierre Pélissier. Il suit les mêmes règles que le système d'Aboville, mais en y substituant des lettres aux chiffres et des chiffres aux lettres. L'ordre alphabétique suit l'ordre numérique. La majuscule désigne une personne de sexe masculin et la minuscule une personne de sexe féminin.

En pratique :

1.2.3.4 devient ABCD ou ABcD si 3 est une femme;
1.12.7 devient ALG ou ALg si 7 est une femme;
1.2a.3 devient AB13.

Système de l'escalier

Ce système identifie les descendants d'une manière à la fois alphanumérique et graphique. L'énumération des descendants se fait ligne par ligne, par rang de naissance puis par génération.

Exemple : Liste généalogique descendante

Remarques :
Numérotation simple et compréhension d'ensemble facile pour une descendance de quelques générations.

Système d'Éloi-Gérard Talbot

Il s'agit d'une façon originale de disposer l'information. Le numéro de droite suit la mention du couple parent et il renvoie au même numéro placé plus bas et à gauche. Le numéro de gauche précède la mention des membres d'une même fratrie issue du couple-parent suivi plus haut et à droite du même numéro.

Exemple : Comment utiliser ce travail

Remarques :

Bien adapté pour la présentation d'une descendance réduite à quelques éléments d'identification puisque le tout doit tenir sur une ligne. Économie d'espace.

La recherche d'un couple est fastidieuse en l'absence d'un index des conjoints. Les erreurs de transcription sont indiscernables

D'autres systèmes de numérotation existent. Une brève description de plusieurs d'entre eux est disponible en ligne.

 

Cueillette de l'information

Les informations recueillies sont portées sur des fiches. Des formulaires distincts existent pour la naissance et le baptême, le mariage, le décès et la sépulture. L'utilisation de couleurs différentes permet d'éviter les erreurs de classement.

La fiche généalogique la plus utile est la fiche de famille; on y retrouve l'information relative à un couple et à ses enfants. La numérotation devient alors nécessaire pour se retrouver facilement.

On peut également noter les données concernant les ancêtres dans un tableau d'ascendance. Un tel tableau facilite de beaucoup la cueillette des informations généalogiques et indique rapidement la progression des recherches. 

Des formulaires et des tableaux sont disponibles dans la plupart des sociétés de généalogie du Québec.

Plusieurs logiciels de généalogie permettent aussi :

  • de rassembler et d'organiser les données de nos recherches;
  • de produire des rapports et des tableaux;
  • d'échanger des informations et des fichiers avec d'autres chercheurs.

 

Enquête généalogique

Dans tous les cas douteux où un lien entre deux personnes ne peut être établi, il faut procéder à une enquête généalogique qui doit se poursuivre jusqu'à l'épuisement des sources. Une telle recherche donne alors lieu à la fabrication d'un dossier d'enquête.
À terme, les indices trouvés doivent nous permettre, hors de tout doute raisonnable, de statuer sur le cas étudié.
Un parallèle est à établir avec une enquête policière; de la même façon, il faut faire la recherche d'indices, l'organisation et la mise en forme d'éléments de preuve en vue de permettre, à terme, qu'un juge neutre puisse statuer sur le cas, et ce, hors de tout doute raisonnable.

Il s'agit donc d'élaborer une preuve directe ou par présomption. Les sources disponibles et l'exploitation de l'information déterminent le type de preuve.

Le Traité de généalogie de René Jetté comprend de multiples exemples d'enquêtes généalogiques portant sur différents sujets.

 

Démarches utiles de l'enquête

Consulter les actes de l'état civil relatifs aux personnes concernées et en faire un examen minutieux est la démarche initiale la plus appropriée. Un balayage de greffes de notaires contemporains s'impose parfois.

Vérifier la cohérence chronologique et généalogique des événements.

Vérifier la vraisemblance des informations au regard de certains éléments de contexte. En d'autres termes, est-ce que les conclusions auxquelles vous parvenez sont raisonnables et vraisemblables au regard de la période en cause?

Identifier ce qui vous donne raison et ce qui vous donne tort et considérer comme possibles tous les scénarios raisonnables.

Exposer à un collègue le problème et le traitement que vous en faites dans le but d'obtenir un point de vue différent et une validation de votre démarche.

Dresser une chronologie des événements ou la liste des dates des événements clés relatifs à une personne (en anglais, un «timeline»). Un tel instrument sert d'abord d'aide-mémoire. Il permet également de mettre en contexte toute information additionnelle trouvée et de suggérer des avenues de recherche possibles.

Tenir un journal des recherches qui fait état de toutes les sources consultées et sert d'aide-mémoire pour ce qui a été fait et l'information pertinente trouvée; sa consultation sera importante lors de la rédaction du rapport d'enquête.

Dans certains cas, tenir un registre de la correspondance intervenue (par courrier ou courriel) avec d'autres personnes permet de garder une trace des noms des personnes contactées, des dates d'envoi et de réception et des résultats obtenus.

Après un certain temps, revoir toute l'information recueillie, les hypothèses formulées et les indices trouvés. Une telle relecture permet de remettre dans une juste perspective une partie de l'information et, de ce fait, facilite la recherche de solutions.

Au moment opportun, commencer la rédaction d'un rapport d'enquête permet de mettre rapidement en relief les aspects non encore élucidés.

Une fois l'enquête terminée, exposer les conclusions auxquelles on arrive.

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