Métier ou profession d'ancêtre(s)

Textes publiés lors de la 1re édition du Concours "Mes ancêtres au bout de ma plume !" lors de la SNG 2023.
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Habillé de son kilt écossais, John Baptist Adams ne sait pas encore qu’il va vivre le drame de sa vie en allant combattre outre-mer. Tout comme bien d’autres jeunes hommes, John Baptist s’était volontairement enrôlé au tout début de la guerre 1914-1918. Il représente bien l’état d’esprit de plusieurs de ces jeunes hommes.

JOHN BAPTIST ADAMS

VOLONTAIRE LORS DE LA GUERRE 1914-1918

Denis Adams, cousin de 3e génération de John Baptist Adams

 

De souche écossaise, John Baptist (Jack) est né le 22 mai 1889, à Rivière-aux-Rats, petit village de colonisation situé à 25 kilomètres au sud de La Tuque. Il était le fils d’Alexander Steven (Sandy) et d’Élisabeth Boyes.

En 1817, son arrière-grand-père John, originaire d’Echt en Écosse, embarque à bord d’un voilier à Aberdeen, avec son épouse Elisabeth Gillespie et leurs quatre fils alors âgés de 10, 9, 7 et 4 ans, à destination du Canada1. On ne sait pas à bord de quel voilier ni à quelle saison a eu lieu le voyage, mais on peut quand même dire avec certitude qu’il fallait être franchement décidé et avoir une bonne dose de courage pour entreprendre un tel voyage avec d’aussi jeunes enfants ! À cette époque, l’histoire nous rappelle que les risques d’incidents et de maladies reliés à la navigation étaient assez élevés lors de ces voyages outre-mer.

John et sa jeune famille se sont établis à Matapédia (Kempt Road), dans la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie. John venait rejoindre son frère déjà installé, suite à la conquête anglaise de 1760. D’origine rurale il a su développer d’autres aptitudes pour vivre dans son pays d’adoption.

En 1854, Peter, un des fils de John, migre à Trois-Rivières avec sa famille où il s’associe avec l’entrepreneur forestier George Baptist. Pendant plusieurs décennies, en Mauricie et à Rivière-aux-Rats, Peter et ses fils gèrent les opérations forestières, la ferme, les bâtiments et tout l’équipement nécessaire à la coupe du bois et à la drave pour approvisionner en billes de bois, la scierie Baptist située en Basse-Mauricie.

John Baptist participe lui aussi à cette vie de forestier. Il travaille pour son père Alexander Steven (Sandy), alors gestionnaire de l’ensemble des opérations forestières pour l’entreprise des Baptist à Rivière-aux-Rats. Sandy est un des fils de Peter.

Décidé de s’enrôler comme volontaire dans les forces armées canadiennes pour participer à la guerre 14-18, c’est le 29 août 1914, que John Baptist, célibataire et forestier de son métier, se rend à Val-Cartier afin de compléter les papiers nécessaires à son enrôlement et pour passer son examen médical. 25 ans et trois mois, cinq pieds 10 pouces et ¼, 161 livres, yeux bleus, cheveux brun foncé, tour de poitrine de 39 pouces, cicatrice au genou gauche, presbytérien, sont alors inscrits sur sa fiche d’examen. On lui attribue le numéro matricule 24686.

Il obtient son certificat médical, approuvé par le major E.R. Brown, qui atteste qu’il est apte pour le service outre-mer des forces expéditionnaires canadiennes. C’est le 23 septembre 1914 que l’officier J.C. Buchanan, alors en poste, confirme que John Baptist remplit toutes les exigences prescrites pour son engagement. C’est à cette date que les formulaires sont finalisés, ce qui valide son acceptation pour le service canadien des forces expéditionnaires d’outre-mer. Il rejoint ainsi, au tout début de la Première Guerre mondiale, le 5e Corps des Royal Highlanders du Canada, 13e Bataillon, 3e Brigade. Le 13 mars 1915, il est promu Lance-Caporal.

Son dossier militaire ne mentionne pas s’il a participé à d’autres batailles, mais on sait que John Baptist est décédé à Langemarck en Belgique, alors qu’il tentait de secourir un camarade. L’événement s’est produit lors de la deuxième bataille d’Ypres, qui a débuté en avril 1915, quand les Allemands ont relâché pour la première fois du gaz toxique sur les lignes alliées, au nord d’Ypres. C’était la première fois qu’un gaz était utilisé à la guerre. La violence de l’attaque avait alors forcé les alliés à réduire leur ligne de défense. De tous les soldats, ce sont les Canadiens qui ont été les premiers et aussi les plus exposés aux gaz. Leur courage face à cette arme inconnue a été un des facteurs déterminants qui a empêché les Allemands de faire une percée plus profonde dans les lignes alliées.

Sur la fiche militaire de John Baptist, que l’on retrouve au Commonwealth war graves commission, on retrouve les informations suivantes :

  1. il a servi dans le service de l’Infanterie canadienne, sous le grade de Lance-Caporal, dans le 13e Bataillon, sous le matricule 24686,
  2. il est décédé au combat le 24-04-1915 à l’âge de 26 ans. Au Ypres (Menin Gate) Memorial son nom figure sous la référence mémorial; panneau 24-26-28-30. Ypres est dans la ville de West Vlaanderen en Belgique.

Sur sa fiche militaire canadienne, il est mentionné que son corps n’a pas été retrouvé pour être mis en terre.

Selon les archives des Anciens Combattants du Canada, John Baptist a reçu les médailles suivantes :

  1. Étoile de 1914-1915
  2. Médaille de guerre britannique
  3. Médaille de la Victoire

En 1921, les médailles avaient été remises à son frère Arnold Alexander. Une Plaque commémorative et le Parchemin qui l’accompagne lui ont aussi été remis la même année. Sur la plaque en bronze (12 cm), le nom de John Baptist apparait dans une cellule encadrée par l’inscription anglaise HE DIED FOR FREEDOM AND HONOR (trad : Il a donné sa vie pour la liberté et l’honneur). Sa sœur Jessie a longtemps conservé deux médailles et le parchemin, attribués en son honneur. La plaque et le parchemin commémoratifs ont été remis aux proches parents de tous ceux qui ont perdu la vie au cours de leur service actif.

Le nom de John Baptist est aussi inscrit à la Galerie des honneurs dans le Mémorial National sur la guerre, située au Château d’Edimburgh en Écosse.

À Trois-Rivières, une plaque commémorative en bronze a été installée en son honneur au-dessus du banc familial de la famille Adams, à la St. Andrew’s United Church. Suite au démantèlement de l’église, la plaque a été récupérée et elle est actuellement sous la responsabilité du musée Pierre Boucher, du Séminaire de Trois-Rivières.

Sur la plaque de bronze, on peut lire l’inscription suivante :

« To the glory of God and in memory of Lance Corporal John Baptist Adams of the fifth Royal Highlanders of Canada 13th Battalion First Canadian expeditionary force aged 26 years. Killed at Langemarck 24 April 1915 while attempting the rescue of a comrade. This table is erected by the president and director of the Wayagamack Pulp and Paper Co. Limited in recognition of his devotion to the empire in war and loyalty to their in peace

 

POUR NE PAS LES OUBLIER

Nous connaissons tous, un parent, un ami, une connaissance qui a participé à la guerre. Au fil des ans, la mémoire de leurs efforts a été honorée de plusieurs façons.

Un cénotaphe, un monument, une plaque, une affiche, un parchemin, une médaille, un cimetière, une fête commémorative… Voilà autant d’éléments qui ont été créés pour signaler le sacrifice de ceux qui ont participés à l’effort de guerre.

Ce qui motive une personne à joindre les forces armées et à aller faire la guerre demeure bien personnel. Le goût du défi, de l’aventure et le sens du devoir, sont des traits communs qui sont bien présents chez toutes ces personnes.

Ceux qui en reviennent sont des héros qui ne souhaitent pourtant pas être considérés comme tels. La plupart n’en parleront jamais.

Des scènes, des odeurs, des bruits, dont ils sont les seuls à pouvoir comprendre la portée, sont maintenant enfouis dans leur subconscient. Ils tenteront désormais de donner un sens à leur aventure pour mieux vivre leur après-guerre.

Les souffrances vécues et les images de leurs amis qui ne sont pas revenus, sont à jamais en eux. Ils font partie de ce que l’on appelle faussement la petite histoire, mais en réalité ils sont l’HISTOIRE.

L’histoire de John Baptist raconte brièvement les faits vécus par l’un de ces jeunes volontaires qui ne réalisaient pas l’horreur qui les attendait outre-mer.

 


Références

1. Tiré du livre; « Scottish Migrants to Canada before Confederation »

  • Anciens Combattants du Canada
  • Bibliothèque et Archives du Canada
  • Musée Pierre-Boucher du Séminaire de Trois-Rivières
  • Commonwealth War Graves Commission
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